Strip-Tease QdS
Atelier réflexif sur l’imaginaire et la mise en scène de l’espace public

Vendredi 30 septembre 2011
Au coeur du Quartier des Spectacles de 10h à 17h

L’Atelier en photos…

Le Montréal de Simon Harel

Quel est le rôle de l’imaginaire dans l’aménagement? La mise en scène de l’espace public doit-elle répondre à l’esprit du lieu? Comment l’identité d’un lieu est-elle définie et redéfinie au fil du temps?

Ce sont là quelques-unes des questions qui ont été abordées par divers professionnels de l’aménagement et de l’événementiel lors de l’événement “Strip-Tease QdS” qui s’est tenu vendredi le 30 septembre au Café Cléopâtre.

Les quelques 80 participants à l’événement, issus de divers milieux, ont pu non seulement découvrir le Quartier des spectacles à travers ses imaginaires lors d’une visite racontée du quartier, mais aussi entrer en dialogue entre eux ainsi qu’avec les panélistes lors des discussions et délibérations qui ont suivi au Café Cléopâtre.

Parmi les principaux thèmes et pistes de réflexion qui sont ressortis des discussions, on peut mentionner:

Friction vs. fluidité
Les frictions et les conflits symboliques dans l’espace, dans l’usage de la langue et dans l’imaginaire même font partie intégrante de l’espace public à Montréal et participent à son dynamisme. Cela dit, la fluidité du mouvement et des identités dans l’espace est aussi indissociable de l’esprit du lieu. Ces deux qualités de l’espace public montréalais sont à la fois contradictoires et constituantes l’une de l’autre. Ceci étant, on peut se demander si ces qualités peuvent être “aménagées” et s’il est de la responsabilité du concepteur de les rendre possibles.

Le permanent vs. l’éphémère
L’espace public montréalais, dans le Quartier des spectacles et ailleurs, est de plus en plus occupé et mis en scène par divers promoteurs d’événements qui “utilisent” l’espace pendant de courtes durées. Cette occupation transitoire mais totale de l’espace public met en tension le permanent et le temporaire, ce qui passe et ce qui reste, le mobile et l’immobile. Cette tension ouvre un dialogue nécessaire entre le concepteur de l’espace et le promoteur d’événement, mais la notion de durée reste problématique – doit-on concevoir l’espace public pour ceux qui l’utilisent aujourd’hui et pour ceux qui l’utiliseront au fil du temps?

L’ici vs. l’ailleurs
L’identité du lieu n’est jamais définie en vase clos; c’est à travers la confrontation, l’imitation, l’intégration et/ou le rejet par rapport à “l’ailleurs” qu’elle se précise, se cristallise ou s’effrite. L’identité du Quartier des spectacles – et du centre-ville de Montréal, de manière générale – est de plus en plus remise en question par l’émergence (dans la réalité comme dans l’imaginaire) de lieux “culturels” périphériques tels que le Quartier 10/30. Certains prétendent que le développement du Quartier des spectacles suit la même logique que le développement des “power centers”; d’autres affirment que c’est le processus inverse qui est à l’œuvre. Quoi qu’il en soit, l’ici ne peut pas (ne peut plus?) faire abstraction de l’ailleurs.

Ces questionnements et réflexions seront mis en forme et feront l’objet d’une publication aux Éditions de l’Atelier.
Pour toute question ou commentaire, n’hésitez pas à contacter Joël Thibert à jthibert@princeton.edu


INVITÉS : Réal Lestage, André Carpentier, Marie Belzil, Pascal Lefebvre, Muriel de Zangroniz, André Dudemaine, Clément Demers
ORGANISATEURS : Simon Harel, Joël Thibert, Sophie Gironnay, Alanah Heffez
DESIGN MANAGER : Jonathan Lapalme
ANIMATION : Laurent Lussier [Avenue 8]
GRAPHISME : Maxime David [Le Séisme]


Affiche_web

Cet événement était organisé par :

fondationudmavenue8maq

Avec la collaboration de :
SpacingMontreal

L’espace urbain se transforme et se resymbolise constamment. À travers ces mutations, des imaginaires se forment, se frottent et se déforment; des lieux naissent, éclatent, se rétractent et meurent. Qu’ils le veuillent ou non, ceux qui conçoivent, mettent en scène, occupent ou consomment l’espace public sont parties prenantes de ce processus. Strip-Tease QDS se veut l’occasion pour ces protagonistes de l’espace public montréalais de se rencontrer, de questionner leur relation à l’imaginaire et de réfléchir sur leur propre pratique.

Comment l’imaginaire d’un lieu se fabrique-t-il? Qui sont les artisans de l’imaginaire collectif de la ville? Y a-t-il une spécificité montréalaise dans la manière dont nous resymbolisons l’espace public? Comment la confrontation des imaginaires dans l’espace à Montréal contribue-t-elle à la formation/transformation de notre identité collective?

Ce sont là quelques-unes des questions qui ont été posées aux acteurs de l’aménagement, créateurs d’imaginaire urbain, romanciers, architectes et metteurs en scène de l’espace public invités. Quatre thèmes étaient à l’ordre du jour : l’espace, le lieu, l’imaginaire et l’identité.

L’événement s’est tenu le 30 septembre 2011 au cœur du Quartier des spectacles, qui a servi de point de départ à la réflexion. L’atelier a débuté à 10h00 au Parc de la Paix par une visite racontée du Quartier des spectacles, qui a amené les participants à faire l’expérience du lieu par la musique (Mutations) et la poésie (Rose Eliceiry, Christine Germain, Jonathan Lamy) et à rencontrer quelques-uns des personnages du Quartier des spectacles, dont Pierre Dénommé de Sentier urbain, Éric Paradis du Club Sin et le prêtre Keith Schmidt de l’Église au toit rouge. Il y a eu ensuite un lunch en plein-air, suivi à 13h30 d’une conversation publique avec sept panélistes au Cabaret Cléopâtre (1230 St-Laurent).